Finies les aventures au Japon ! C’était prévu, ça a été fait, et maintenant que je suis établi à nouveau à Toulouse, un petit bilan s’impose.

Aller travailler au Japon, c’était une sacré opportunité : partir à l’autre bout du monde aux frais de la princesse, et pas dans n’importe quel pays à la con, ç’aurait été dommage de rater ça ! En plus, quelques amis y avaient été, avaient adoré, d’ailleurs  l’un d’entre eux n’en est pas vraiment revenu — Rémi, c’est bien à toi que je pense. 😉

Avant

Pour commencer, un petit retour sur mes a priori : le Japon, ah, quelle évocation ! Les images des mangas bien sûr, du cinéma aussi, accompagnent tous les fantasmes d’orientalisme que chacun porte : légendes de samouraïs et de geishas, art du jardin, temples indénombrables, montagnes embrumées empiétées de rizières ; tout le monde voit de quoi je parle.

Cliché du Japon : le Mont Fuji, une pagode, des cerisiers en fleur

Certes, il s’agissait de partir pour neuf mois, loin de ceux que j’aime, et l’option de renouveler le contrat avait été évoquée avant même de partir. Mais franchir les frontières de l’Europe pour partir à la découverte d’un pays emblématique de l’Asie, où, en plus des clichés précédents, l’abondance de montagnes ne pouvait que rimer avec randonnées, pédestres comme cyclistes ; mais aussi l’escalade, le kayak, le ski. Et ce, avec quelques assurances de bien s’en sortir : l’anglais est parlé par une partie significative de la population, de nombreux collègues français étaient déjà sur place, et les conditions de voyage frisaient l’indécence.

Rappel : c'est pas moi qui payait les bagages !

Rappel : c’est pas moi qui payait les bagages !

Pendant

Mais finalement, les difficultés ont bien été là. Professionnellement, la gestion difficile de ma charge de travail a rendu le temps un peu long, et les sujets n’ont commencé à devenir vraiment intéressant que dans les dernières semaines, juste avant de partir, et c’est très dommage ; j’ai un peu retardé mon départ pour ça d’ailleurs.

Personnellement, les promesses sportives n’ont pas été tenues. Je savais que tout serait à refaire, et je ne m’attendais pas à pratiquer tout ce que je faisais à Toulouse. Certes, il y a eu de jolies randonnées pédestres, de l’escalade en salle, un belle journée au ski, et, une fois compris comment je pouvais prendre mon vélo dans le train, de très belles sorties vélo ; mais d’ambiance de club, où l’on retourne à la montagne deux fois par mois, et d’escalade en extérieur, et de vélo en groupe de copain : zéro, peau d’balle, zob. Les clubs ne manquent pourtant pas au Japon, mais mon niveau de japonais les a rendus inaccessibles.

Et surtout (ça va avec le manque de groupe) le Japon reste un pays où les gens sont difficiles à comprendre, même avec des personnes qui ont un bon niveau d’anglais : simplement, régulièrement, les idées ne passent pas, quelque soient les mots utilisés pour essayer de les transmettre, et parfois pour des choses très simples. Et ça, c’est usant.

Et maintenant ?

Du coup, me revoici à Toulouse. C’est une ville qui me paraissait grande ; mais ça, c’était avant ! Là, je suis juste tellement content de retrouver tous mes potes, de voir ce qui a changé, de retrouver des endroits qui sont toujours aussi beaux ; et aussi, de retrouver mes camarades de kayak, de vélo, d’escalade, de danse, de ski, et j’en oublie sûrement.

Qu’on ne se trompe pas : je ne regrette pas d’être allé voir à l’autre bout du monde si l’herbe y était plus verte, car j’y ai vu de très belles choses et j’y ai vécu de très beaux instants. Mais au final, je crois que je ne suis pas fait pour la vie d’expatrié, et que j’ai besoin de me sentir ancré pour me sentir bien… en attendant de repartir au Japon pour voir toutes les personnes qui commencent déjà à me manquer !!