Allez, je m’y attelle : voici le premier récit de la liste des randos que j’ai pu faire au Japon, sur le « mont Nagiso » donc, dans la préfecture de Nagano. C’est vrai que ça date, puisque j’ai été voir le haut de ce sommet le 10 mai, soit il y a déjà trois mois. Mon Dieu, qu’ai-je fait de tout ce temps ? Ah oui je sais, j’ai été randonner 🙂

Bref, puisque je venais de recevoir ma tente toute neuve et que le secteur autour de Tsumago et Magome m’avait beaucoup pluie malgré la plu, le bulletin météo très favorable a été le déclencheur. J’avais également enfin compris quelles cartes de rando acheter, et je m’étais donc équipé de cartes, certes toutes en japonais, mais avec pas mal d’informations indispensables : départs des sentiers, courbes de niveau et repères, mais aussi une estimation des durées de marche, l’emplacement des bains chauds, et même où sont les arrêts des bus qui sillonnent le secteur ! Royal !

Le train remonte la vallée

Le train remonte la vallée. C’est beau !

La durée de marche étant annoncée comme assez courte, j’y suis allé tranquille, et ne suis monté dans le train pour Nagiso qu’aux alentours de 14h. C’est un peu tardif me direz-vous, et vous aurez raison : Nagiso n’est pas à côté, je n’ai donc démarré la rando qu’aux alentours de 17:30 ; et ça avait beau être début mai, le soleil se couchait vers 18:30. Mais, ah aah, c’était prévu ! Pas d’angoisse ! J’avais justement de quoi dormir dans les bois avec ma toute belle tente, et je m’étais donc donné une petite heure de marche pour me trouver un cool spot de bivouac.

Haut les cœurs, encore quelques heures !

Haut les cœurs, encore quelques heures !

Bon et là, faut bien dire que j’ai pas méga-bien préparé le truc :

  • Erreur n°1 : Nagiso est à 400m, et en une petite heure, j’ai pu monter aux alentours de 800m. C’est déjà haut. Et donc ? et donc la nuit, il fait frisquette ! Or, à Nagoya on avait déjà passé les 30°C quelques fois, et j’avais trop chaud, et au moment de faire le sac, j’avais laissé au placard le duvet (je n’en avais qu’un seul, bien trop chaud) mais aussi la grosse doudoune, ne prenant que sac à viande et gilet-doudoune léger. Mais surtout, j’avais oublié que la tente que j’ai achetée, l’Anjan2, est une tente plutôt typée temps chaud : il est impossible de fermer les ventilations. Résultat : j’ai pas eu bien chaud, et j’ai pas très bien dormi…
  • Erreur n°2 : les onigiris, sortes de boulettes de riz assaisonnées, se transportent facilement, se trouvent en différents goûts, et ne coûtent pas cher. Mais ça ne cale pas tant que ça car c’est assez petit, et en plus j’ai oublié de compter le petit-déj dans la liste des courses, et ajouté à la perte d’énergie dans la nuit, ça a été un peu court niveau bouffe !
  • Erreur n°3 : j’ai bien failli ne pas être capable de planter la tente, tellement le terrain est en pente de partout. Pour preuve, l’espace le moins pentu est occupé par le chemin, qui suit les lignes de crêtes ; tout le reste varie entre 25 à 60° de pente ! Pour bien faire, j’aurais dû m’équiper d’un hamac de camping ; vu que le pays est couvert de forêt, ç’aurait été un bon achat, vite rentabilisé par la facilité à s’installer n’importe où.

Heureusement, je n’ai pas fait l’impasse sur une grande quantité d’eau : il n’y a aucun point d’eau dans toute la montagne, mais je m’y attendais 😉

Dodo dans les bois

Dodo dans les bois

Mais c’est pas grave : quand le réveil a sonné à 3h50, histoire que le camp soit levé avant le soleil, eh bien j’avais déjà rangé la moitié de mon bazar. C’est que je ne sais pas trop si le bivouac est autorisé, donc je la joue discret. Et puis de toute façon, il faisait jour dès 4h30, alors ! Autant se mettre en route !

J’ai très très bien fait de me lever si tôt : si je n’ai pas été embêté par d’autres randonneurs ou un éventuel garde forestier, et j’ai pu voir mon premier grand mammifère sauvage !

Woouuuuh un singe ! (macaque japonais)

Woouuuuh un macaque japonais !!! Aucune idée de ce à quoi peuvent bien servir les bandes plastiques, ils ont ça dans plein de forêts.

C’est excellent : c’est assez gros, c’est méga poilu, c’est gris, quand ça se gratte le derrière ça ne ressemble plus du tout à un ours, et l’hiver venu ça aime bien se réchauffer dans les bains chauds naturels.

Passé cela, le jour s’est levé doucement, offrant quelques belles images quand on pouvait y voir entre les arbres. Sous les arbres, la marche, toujours sur un chemin bien raide que je n’aimerais pas du tout faire un jour pluvieux, se fait au milieu d’une espèce de bambou qui va de 20cm à 2m de haut, très couvrante, un peu comme des pieds de maïs. Dans ces passages les plus feuillus, le chemin n’est repérable qu’à la sensation des pieds butant sur les côtés de l’ornière…

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Un cliché dont je suis très content

la dernière marche vers le sommet

La dernière marche vers le sommet

J’ai atteint le sommet à 1677m et à 7h30, et, croyez-le ou non, il n’a fallu que quelques minutes avant que les seconds randonneurs n’arrivent ! Damned, mais il n’y a pourtant pas de refuge à mi-chemin sur cette montagne isolée, c’est donc que ces gens se sont levés une heure plus tôt que moi !! C’est vraiment des malades !

Ontake-san

Vue sur Ontake-san, volcan toujours en activité qui dépasse les 3000m, aussi visible depuis Nagoya

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Côté sud-ouest, vue sur le mont Ena. Ça descend raide de ce côté-là aussi…

S’il fait encore tôt, le soleil est déjà bien levé, et la lumière écrasante ; difficile de réussir de beaux clichés dans ces conditions, et ça ne va pas s’améliorer. Il est donc déjà bien l’heure de redescendre, tant qu’il ne fait pas encore plus de 25°C (oui, ça s’est bien réchauffé depuis la nuit ).

La carte m’indiquant un bus au pied du sentier partant vers le sud (mais surtout des bains chauds 😉 ), je ne reviens pas sur mes pas, et découvre alors que ce chemin est encore plus raide que celui de la montée. Par contre, il est très équipé, et me voilà descendant de l’escalier de bois grossier, qui se poursuit presque sans discontinuer pendant une heure. Là aussi, gare à la pluie : le bois était déjà glissant en étant sec. Pour le côté randonnée, on ira voir ailleurs, vu que l’attention est requise pour éviter la gamelle dans la pente à 50°.

La descente est assez technique. Gare au faux pas !

La descente est assez craignos. Gare au faux pas !

Sur ce versant, on comprend mieux pourquoi les pentes sont très raides à quelques endroits où on voit ce qui soutient tout ça : eh bien pas grand chose en fait ! Le sol est fait, certes de gros cailloux, mais surtout de sable vaguement aggloméré. Vu la flotte qui tombe dans le pays, je commence à comprendre pourquoi les glissements de terrains sont redoutés.

C'est pas que du sable, mais c'est pas pour ça que ça tient bien

C’est pas que du sable, mais c’est pas pour ça que ça tient bien

Arrivent enfin des pentes plus clémentes, et paf, un parking à voiture. Plutôt rempli d’ailleurs, alors que je n’ai croisé personne ? Bizarre ! Mais je comprends vite en regardant la carte : il y a, sur ce versant, deux chemins, et j’ai pris, sans le savoir, celui réservé à la descente. Ben oui, pas con : vu les équipements, c’est mieux si y’a possibilité de ne pas avoir à se croiser, ça ferait vite de sacrés embouteillages lorsque les gens sont nombreux. Et puis comme j’étais le premier, eh ben j’étais peinard 😀

les japonais aiment bien le béton...

les japonais aiment bien le béton…

... mais ils aiment bien les fleurs !

… mais ils aiment bien aussi les fleurs !

À 10h, début de la route, début du stop pour éviter de se taper 4km de route en béton, sans décor intéressant (la route est dans les bois) ni chaussures adaptées, et j’arrive 15 minutes après auprès de l’arrêt de bus. Chouette, le bain chaud d’eau thermale est ouvert ! Aaaah c’est très agréable, le bâtiment est moche comme tout mais l’intérieur est très agréable. C’est que je me suis quand même tapé 1300m de dénivelé dans les dernières 24h, avec un chargement moyen, ça fait un bon début de saison. Et après un repas sur place suivi d’une sieste, je réussis à ne pas rater le bus qui me ramène à la gare, parfait !

Conclusion : prendre des fringues chaudes, de la bouffe, garder en tête que ce genre de terrain ne propose pas de ravitaillement en eau, mais surtout que les onsens font de très bonnes fins de randos !

Stay tuned pour le prochain article : il s’agira de ma première sortie vélo au départ de Nagoya ! Y’en n’aura pas beaucoup, ne la ratez pas !