J’ai parlé de la danse un petit peu, mais qu’en est-il en dehors de cela en dedans de la ville ? Pensez-vous que, lorsque je ne suis pas parti à la montagne, je reste à me morfondre dans mon appartement digne d’un studio parisien, c’est à dire grand comme une bonne piaule d’étudiant et pour le prix d’une maison avec jardin dans une ville de province ?

Si vous pensez cela, vous n’avez pas tout à fait tort : certes, je passe parfois quelques heures à me demander ce que je fous là. Mais, si vous n’avez pas tout à fait tort, ça veut aussi dire que vous n’avez pas non plus tout à fait raison ! Et je vais vous montrer ça en trois points, en essayant de ne pas tomber dans le classique plan « oui, non, m**** ».

1. Travail des méninges

Ou comment prendre prise sur ce qui m’environne, c’est à dire être capable d’interagir.

En clair : apprendre le japonais ! J’en suis à la leçon 7 du fameux « みんな の 日本語 » (Minna no Nihongo, la référence pour apprendre le japonais, même en France), ça parlera sans doute à mes anciens camarades de classe. C’est rigolo le japonais, c’est un peu du dessin vu le nombre de caractères différents, et petit bonus : la prof parle un peu allemand (mieux que moi en tout cas), donc il arrive aussi que je parle un peu de ce langage d’outre-Rhin. 🙂

Pour revenir au japonais, même avec ma toute petite quinzaine de cours, ça aide un max : j’arrive déjà à lire les deux alphabets et quelques kanjis courants, et donc à savoir un peu mieux ce que j’achète et où vont certains trains, mais aussi à faire quelques discussions de bases.

Minna no nihongo : au travail !

Minna no nihongo : au travail !

Ok, pour l’instant c’est encore très balbutiant, mais j’ai quand même réussi à échanger trois phrases avec un vieux papy dans la campagne pas plus tard que dimanche dernier, et ça c’est bien ! Au rythme de une à deux séances par semaines, j’avance bien, c’est motivant.

2. Usure des doigts

Le point précédent concernait les efforts mentaux, et il faut aussi occuper le corps.

En effet, une des rares activités sportives que je pratique en salle, c’est l’escalade. Bon, comme en plus il n’y a pas de « voies » ici, c’est exclusivement du « bloc », voies d’escalades très courtes (~6m max) et qui donc ne nécessitent ni bâtiment trop grand, ni corde et assureur ; en effet, un entresol classique et de gros matelas sont bien suffisants pour permettre la pratique et assurer la sécurité.

À la grimpe. Gniéé chui pas souple !

À la grimpe. Gniéé faut que je lève le pied, mais chui pas souple !

Y’a deux problèmes à ça :

  1. C’est pas la pratique que j’affectionne. Je suis lourd, je suis pas souple, y’a beaucoup de dévers, bref je galère !
  2. Plus grave, ça ne m’aide pas vraiment à progresser pour l’escalade « en voie » : ni physiquement, car l’effort est ici intense mais très bref, ni techniquement, car il n’y a aucune manipulation de matériel à faire.

Argh. Bon, j’y vais quand même une à deux fois par semaine, y’a une bonne ambiance et puis j’apprends quand même des mouvements et je travaille mon équilibre, c’est toujours ça de pris.

Au passage, vu que mon collègue Nico est motivé à aller en extérieur, je me suis payé le matos qu’il me manquait, et j’ai maintenant tout ce qu’il faut pour aller « en falaise » : baudrier et chaussons j’avais déjà, et j’ai maintenant corde, dégaines, casque, et les divers accessoires qui vont bien. Reste plus qu’à trouver une jolie journée où on sera tous les deux motivés et dispos !

3. Flexions coudiales

Ou comment, après les efforts, vient le réconfort !

Autrement dit, l’appréciation des lieux de détentes, j’ai nommé, les bars. Commençons par le problème, provenant d’une belle particularité du Japon : s’il est interdit de fumer dans la rue (eh oui !), il n’y a rien qui régule ce qui se passe dans les bars et restaurant. Re-argh. Si certains bars restent fréquentables, il en est aussi certains où j’ai dû quitter le groupe pour sortir respirer, dommage. :-/

En termes de types d’établissements, on trouve de tout : du boui-boui à la japonaise –vaguement cradingue et où la nourriture réchauffée sous nos yeux au micro-onde peut être consommée en regardant un épisode de Dragonball Z — jusqu’au bar de luxe — où le fait d’entrer est payant et où le whisky payé une fortune peine à entourer le kg de glace au centre du verre — en passant par des pubs de toute taille et à toutes ambiance, il y a du choix, notamment en termes d’ambiance de différents pays.

Au restau après la danse. J'avais fait une photo de ce genre d'iceberg flottant dans le whisky, faut que je la retrouve !

Au restau après la danse. J’avais fait une photo de ce genre d’iceberg flottant dans le whisky, faut que je la retrouve !

 

Globalement, tous ces établissements tournent autour du même principe : il s’agit plutôt de bars à l’espagnole, où il y a toujours une carte de plats à partager à plusieurs. De base, le principe est sympa, mais surtout on peut toujours aller voir le bar d’en face si la première tournée de boisson et de nourriture n’est pas à la hauteur de nos attentes. 😉

On peut aussi trouver quelques exceptions, notamment ce bar derrière la gare, qui propose uniquement les meilleurs alcools japonais et européens, le tout dans une ambiance toujours un peu décontractée, et qui permet donc d’assouvir une soudaine envie de muscat ou d’armagnac : toujours agréable en cas d’urgence ! Là aussi, faudrait que je lui tire le portrait !

 

Bref, y’a de quoi s’occuper, mais c’est vrai que le kayak, le piano, l’escalade en voie me manquent beaucoup…