Comme on peut le voir sur les cartes en lignes, il n’y a que très peu de vraies pistes cyclables à Nagoya. Et pourtant, il y a vraiment beaucoup de vélos ; où circulent-ils donc ?

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Presque tous les bâtiments d’habitation ont un abri à vélo digne de ce nom, génial ! Au pied de mon bâtiment, le mien est encore mieux couvert, et ô joie, est éclairé !

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Devant les grands magasins, c’est pareil, y’a toujours de bons abris à vélo. Au passage, c’est subtil, mais il faut remarquer que la Brooks dépasse très beaucoup. Car, en plus de pas être très grands, les Japonais règlent leur selle super bas !

Le code de la route japonais indique qu’il faudrait rouler sur la chaussée, avec les voitures, alors que les panneaux et les peintures indiquent clairement que les vélos peuvent rouler sur les trottoirs. Il va falloir mettre les cartes OSM à jour !

Un bel exemple de piste cyclable. Faut dire qu'à côté d'une 2x4 voies survolée d'une autoroute urbaine à 10m de haut, c'est bien le minimum !

Un bel exemple de piste cyclable. Faut dire qu’à côté d’une 2×3 voies survolée d’une autoroute urbaine à 10m de haut, c’est bien le minimum !

Mais l’exemple ci-dessus est l’exception : il y a effectivement très peu de vrais aménagements cyclables. Tant que le trottoir est large, bon, ça passe, mais on retrouve rapidement les défauts bien connus des vélotafeurs : les pertes de priorités sont souvent nombreuses, les raccords sont pas toujours géniaux (même si bien meilleurs qu’en France), et surtout, les pavés sont quasiment incontournables alors que la chaussée est elle souvent d’un enrobé quasi-parfait.

Concernant le parking, aux abords des gares c’est un peu la crise du logement ; à tel point que le stationnement vélo y est réglementé, et qu’à la gare de Kanayama, il y a un parking souterrain !

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Le symbole par terre indique bien qu’il est interdit de garer son vélo à cet endroit (et l’autre qu’il est interdit de fumer à cet endroit). Oui je sais, ça ressemble pas à un vélo, c’est peut-être pour cela que les gens ne le respecte pas !

Regarder les pratiques cyclistes locales permet de se rendre compte que les Japonais ne sont pas si stricts que cela. En plus de l’exemple précédent sur le stationnement, je peux parler de l’usage du parapluie : ici, il pleut très régulièrement et ça ne fait pas semblant, et tout le monde utilise donc ce magnifique objet que je n’ai presque jamais possédé dans mon existence européenne (j’ai vite été en acheter un d’ailleurs. Quand on est piéton, c’est effectivement très pratique !). Et l’utilise donc aussi à vélo, tenant le parapluie d’une main et le guidon de l’autre, même si c’est interdit.

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Équipement standard du vélo japonais : garde-boue, porte-bagage, béquille de compét, et bien sûr, un parapluie !

Côté sécurité du matériel, je dois avoir le cadenas le plus cher de tout le pays, les japonais se contentant de fer-à-cheval qui n’ont pas l’air très solides, et n’accrochent que très rarement leur vélo à un point fixe. C’est pratique : ça permet de mettre plus de vélo puisque chacun n’a pas besoin de son support, et en plus, j’ai pas peur qu’on me vole mon vélo ! 🙂

Sécurité au top

Sécurité au top : un petit cadenas sur la roue avant, très suffisant au Japon

Quelques remarques sur le parc cyclable : il s’agit très majoritairement de vélos utilitaires, avec systématiquement garde-boue, porte-bagage ou panier, béquille, et phares à dynamo, le tout trouvable à partir de 150€.  je n’ai croisé que très peu de vélos de course ou de randonnée, et à peine quelques VTT : ça change du paysage français, et au moins, on est certains que les vélos servent par tout temps !

Ducati

Et on trouve même des vélos de marque Ducati, oui oui !

Du coup, ça roule pas vraiment en vitesse, ils sont pas pressés-pressés les japonais…

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Taille normale mais petites roues

Et pour finir, grande nouvelle de la semaine dernière : j’ai enfin reçu un casier dans le couloir sans fin, et ai donc fait le trajet dodo-boulot deux jours de suite. Alors, le trajet fait 15 km, et on ne sort jamais de la ville. Je la refais car ça correspond vraiment au choc que j’avais eu en arrivant ici : on ne sort jamais de la ville. Sur 15 km, j’ai donc le choix entre :

  • du grand boulevard : c’est large et y’a souvent une sorte de bas-côté utilisable pour les vélos, mais les feux rouges sont nombreux, longs à cycler, et rarement synchronisés ; en plus, autant le matin il n’y a personne, autant le soir y’a vraiment du monde, et il faut donc rouler vite (c’est-à-dire accélérer fort) et savoir profiter des longues pauses imposées aux feux…
  • des petites rues dans les quartiers résidentiels : c’est étroit, parfois vraiment étroit, avec des croisements très rapprochés, et sans régime de priorité vraiment explicite ; il est donc impossible d’avoir une vitesse de croisière raisonnable.

Au final, pour faire les 15km, il me faut presque 1h15, alors que c’est tout plat, et qu’en plus c’est tout moche. Le seul intérêt, c’est pour le trajet aller : comme il me faut partir tôt, je peux profiter d’être un peu dehors alors qu’il fait jour (déjà levé depuis quelques heures) et des grands boulevards (vides à cette heure-là, au revêtement irréprochable, et aux priorités favorables).

Pas sûr que je fasse le trajet aussi régulièrement que je le souhaiterais…