Ayant toujours un retard formidable dans le conte de mes aventures, je vais faire un écart au récit chronologique, et vais donc me permettre de raconter deux week-ends à Tokyo en deux articles consécutifs. Pas sûr que ça me fasse gagner du temps, mais au moins je pourrais allègrement mélanger les photos et les impressions, donner un peu d’épaisseur, du recul, faire un vrai article quoi !

Alors déjà, Tokyo, c’est loin : on dirait pas comme ça, mais y’en a pour presque 350km, vu qu’il faut contourner les montagnes. Dans le TGV couleur locale, le Shinkansen, il faut à peu près 1h40 vu que les arrêts sont quasi-inexistants entre les principales gares.

Alors que je me déplace à 260km/h, j'aperçois « Fuji-san »

Fin mars, alors que je me déplace à 260km/h, voici « Fuji-san ». Y’a encore de la neige !

Fuji-san, ponts interminables, et base-ball

Début mai, j’ai mieux préparé mon coup, et paf une composition par chance : Fuji-san, pont interminable, et base-ball. Le Japon, quoi.

Et donc, pour les deux week-ends, la motivation principale était la danse :

  • fin mars, c’était un atelier débutant « Blues » (de mémoire des danseurs présents, c’est une première au Japon !), avec soirées associées. C’était bon, c’était bien, les profs étaient au top, mais puisqu’il y avait des cours j’ai juste eu le temps de me balader autour de Shinjuku (cf. plus bas) ;
  • début mai, j’ai profité de la « Golden Week », qui est un enchaînement de quatre jours fériés, du 1er au 6 mai, pour aller à « Mood for Swing », le plus gros événement swing du Japon (y’avait bien 60 danseurs ! Énorme !!! 😉 ). Y’avait aussi des cours, mais histoire de garder du temps, j’ai décidé de ne pas les faire. Bien m’en a pris… (cf plus bas aussi !).

Fin mars

Bon donc, Shinjuku : c’est un des célèbres quartiers de la ville de Tokyo, qui propose un tas de gratte-ciels côté ouest, et l’un des grands parcs de l’agglomération côté est.

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Les cerisiers, les gens. On remarquera que, selon les variétés, les fleurs vont de blanc à rose bien affirmé.

J’ai de la chance : les cerisiers sont en train de fleurir, mais ne sont pas encore au top et il n’y a donc qu’une foule limitée (même s’il faut faire la queue pour entrer dans le parc…). C’est joli, mais en fait, comme les arbres alentours ne sont pas encore sortis de l’hiver, ça donne une bizarre impression d’arbres magnifiques qui prospèrent au milieu d’une forêt d’arbres morts.

Les gens s'y donnent à cœur joie !

Les gens s’y donnent à cœur joie !

Et toujours, en second plan, la ville et ses gratte-ciels...

Et toujours, en second plan, la ville et ses gratte-ciels

Le parc est vraiment grand, on peut facilement y passer 4h à marcher, avec différents styles d’aménagement, c’est très sympa.

Depuis un pavillon du parc

Depuis un pavillon du parc

Le petit plus à la japonaise : des bentos sont en vente en plein milieu du parc ! Trop bien !

Mmh, le petit bento acheté au milieu du parc !

700 yens (~6€), ça l’fait

Les magnolias sont aussi de la partie !

Les magnolias sont aussi de la partie !

Une fois cette visite faite, cours de danse pas trop loin (je ne me suis pas perdu), dans une salle avec des fenêtres (on perd vite l’habitude), puis en avant pour la première soirée.

Mais d’abord, j’avais bien envie d’une douche, ne serait-ce que par respect pour mes partenaires. Et puis comme j’avais un peu réservé un hôtel via internet et que je n’avais pas réussi à trouver les horaires pour l’accueil, j’avais pas envie de débarquer à 1h du mat’ sans pouvoir entrer. Pour y aller, ça va, facile, j’avais exprès réservé un hôtel proche de la ligne Yamanote, celle qui fait le tour de la ville.

Là où c’est devenu sport, c’est quand il a fallu aller à la salle, qui est du côté d’En-el-chofu / Meguro : il faut prendre un train d’une compagnie locale, la « Toyoku quelque chose », or je n’ai pas réussi à trouver de plan, et ça comprends tout ce que j’ai pu chercher via la connexion internet du téléphone, qui ait à la fois :

  • le nom de la station en caractères latins
  • le nom de la station en kanjis
  • la gare « JR » à laquelle il fallait changer.
plan des lignes JR - il manque les autres compagnies, et il n'y a pas non plus les lignes de métro !

plan des lignes JR : il est bien le plan, mais il n’a pas les correspondances avec les autres compagnies, et il n’y a pas non plus les lignes de métro !

Dit autrement, j’ai réussi à trouver la bonne ligne de train à partir de deux infos :

  • la station qui m’intéressait était quelque part dans le sud-ouest de Shinjuku,
  • Shinjuku et Shibuya sont les deux gares susceptibles d’avoir les correspondances.

Eh ben, ça suffit, mais j’ai fait deux fois le tour de Shinjuku (et c’est grand) et trois fois le tour de Shibuya (c’est encore plus grand) pour trouver cette ligne de train, et je suis arrivé mé–ga en retard. Genre en retard de 2h15 pour une soirée qui durait 3h. Génial. Bon, j’ai bien fait de me motiver, après on est allé au bar et on s’est bien marrés, même si j’ai pas compris grand chose vu que tout le monde parlait principalement japonais ! 😉

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Hop petit anachronisme photographique : voici la jolie salle dont je n’ai profité que 45 minutes. Je peux vous dire que j’ai pas trop fait de pauses. Heureusement, c’était pas aussi vide !

Une fois cette charmante soirée ferroviaire dansante et sociale passée, il est grand temps de rejoindre mon hôtel. Et ça vaut le coup d’en parler, puisqu’il s’agit d’un de ces hôtels dit « capsule ».

Hôtel capsule : un gros dortoir à alvéoles

Moi ça me fait un peu penser au Cinquième Élément

Alors on en fait tout un baratin et les japonais hallucinaient que je me sois pris une « chambre » dans un truc comme ça, mais en fait, c’est tout à fait pas mal : c’est simplement un dortoir où on dormirait dans des alvéoles (c’est pas des vitres hein, y’a juste des rideaux) plutôt que sur des lits superposés, c’est vraiment pas cher, là en plus c’était à côté d’une des principales ligne de train de la ville, et le tout pour même pas trente euros la nuit, avec accès au sauna et au bains chaud-froids ! Y’a même le petit-dèj compris dans le prix, et des casiers pour mettre son bazar. Et comme c’est surtout fréquenté par des personnes seules, j’ai trouvé ça très calme, c’est pas un endroit où semblent dormir les gens qui sortent en boite de nuit.

Dit autrement : même si ça n’en a pas l’ambiance, c’est un peu comme une auberge de jeunesse, sauf que les alvéoles protègent mieux des bruits environnants que de simples lits superposés.

Bon, après, y’a quelques petits aspects avec lesquels il faut faire :

  • les matelas sont des futons un peu bas-de-gamme et bien tassés (je conseille aux campeurs de ramener leur matelas de camping, c’est vraiment raide)
  • les douches sont en commun, donc faut pas compter sur de l’intimité sous la douche
  • le petit-dèj propose, au choix, du riz, des pâtes, des trucs frits, des trucs bouillis, et du natto. Oubliez fruits, pain, café, céréales.

Mais franchement, ces aspects ne sont pas vraiment des défauts mais des manières de faire à la japonaise (« it’s not a bug, it’s a feature »), et puis à ce tarif-là et à cet emplacement-là, ça vaut vraiment le coup !

(Pour ceux qui ça intéresse, c’est le « Hotel Ikebukuro Sauna & Capsule », réservable via agoda.com. Ils parlent pas trop anglais, mais avec un peu de bon sens ça passe très bien. L’entrée de l’ascenseur est difficile à trouver, vu que l’hôtel commence au 8è étage je crois, il faut bien lever le nez pour voir ce qui est montré sur la photo du site de réservation).

Le lendemain, retour au parc de Shinjuku pour me balader entre les gratte-ciels (référence culturelle : Lost in Translation se joue en grande partie dans l’un des hôtel de ce quartier), refaire une séance de cours et une soirée du côté de Shinjuku (je me suis pas perdu non plus), puis prendre le dernier train vers Nagoya.

Ça a été un cool week-end, avec seulement deux francophones croisés en deux jours, des jolis parcs vus, des galères dans un cadre personnel, enfin je me sentais en voyage ! Et surtout, avec de la danse, c’est trop bien !